Exposition André Devambez

Exposition André Devambez

Né en 1867 à Paris, André Devambez, fils du fondateur de la Maison Devambez spécialisée dans la gravure, l’impression de papiers à lettres, de publicités, et l’édition de livres d’art, se passionne dès son plus jeune âge pour le dessin, illustrant des contes qu’il écrit lui-même et apprenant les techniques du métier en travaillant avec son père. Il entre ensuite à l’Ecole des Beaux-Arts et obtient le Prix de Rome en 1890. Après trois années passées à la Villa Médicis à Rome, il rentre à Paris

Et là, faisant feu de tout ce qui l’entoure, paysages urbains, dirigeables aéroplanes, métropolitain, cinématographe, automobile… il développe un style bien à lui où se manifeste une prédilection pour les perspectives plongeantes où fourmillent des personnages minuscules. Les influences conjointes du cinéma et de la bande-dessinée sont manifestes.

Aussi bien appelé à réaliser des panneaux décoratifs pour l’Ambassade de France à Vienne qu’à réaliser des camouflages pendant la Première Guerre mondiale où il est gravement blessé, André Devambez peint de grandes toiles tout comme de minuscules tableaux, ses « tous-petits » comme il les nomme.

Mais André Devambez, contrairement à nombre de ses contemporains, ne cloisonne pas son art et attache autant d’importance à ses tableaux aux sujets conventionnels qu’aux illustrations qu’il publie dans Le Figaro illustré, Le Rire, L’Illustration, Paris Le Soir, les Humoristes, ou qu’il réalise pour des ouvrages littéraires comme La Fête à Coqueville d’Emile Zola en 1898, Le Poilu a gagné la guerre de Charles Le Goffic en 1919 ou Les Condamnés à mort  de Claude Farrère en 1920… Il est également connu pour ses illustrations du livre d’André Couvreur, Une invasion de macrobes publié dans un premier temps sur plusieurs numéros dans l’Illustration en novembre 1909 puis regroupé aussitôt en un volume. Comme l’écrivait Arsène Alexandre, « Devambez fait non seulement du fantastique avec le réel, mais il fait aussi du réel avec le fantastique »

Au cours des vingt dernières années de sa vie, il enseigne à l’Ecole des Beaux-Arts, il est élu à l’Académie des Beaux-Arts, il est tour à tour chargé de mission à la Villa Médicis à Rome puis à la Casa Velasquez à Madrid, il est nommé peintre officiel du Ministère de l’Air, il est également appelé à siéger au jury de la Société des Artistes Français.

En 1944, il meurt à Paris et tombe rapidement dans l’oubli.

Organisée avec le musée des Beaux-Arts de Rennes, l’exposition au Petit Palais à Paris présente une rétrospective intéressante permettant de (re)découvrir les facettes mutiples de l’art d’André Devambez.

Frédéric Boucher, pour Concerts-Expo, 10 octobre 2022